Global FreeRide

les riders aiment la culture...

Modérateurs : CA, Super Modo

Avatar de l’utilisateur
roots83
Rider Experimenté
Rider Experimenté
Messages : 2283
Enregistré le : 19 oct. 2007 à 16:08:33
Localisation : Toulon
Contact :

Messagepar roots83 » 14 juil. 2011 à 16:39:09

moi je serais curieux de lire !!
Y'a bon blog qui roule : ) clique juste là wui
Lecteur assidu de Papy B

Avatar de l’utilisateur
moachris
Mini Rider
Mini Rider
Messages : 99
Enregistré le : 09 mai 2009 à 11:44:22

Messagepar moachris » 14 juil. 2011 à 17:22:55

de même, je suis sûr que l'on tient le Jack Kerouac du longboard

"Sur la route avec mon longboard"

Balance seulement 15/20 lignes sur ton topic ne t'auto-mutile pas...

;) ;) ;)

Avatar de l’utilisateur
freedownhill
Rider actif
Rider actif
Messages : 168
Enregistré le : 04 avr. 2004 à 00:00:00
Localisation : Roulans

Messagepar freedownhill » 14 juil. 2011 à 21:13:09

Autour de moi, plus de tableau des menus, j’ai beau chercher... J’aperçois à ce moment un homme, assis silencieusement dans l’ombre de la lumière des néons commerciaux. Sa barbe blanche fait ressortir le bronzage de sa peau marron. Seul ses vêtements l’habillent de tristesse, un vieux costard d’hiver. Il ne me regarde pas, je sais qu’il m’a vu arriver, il entend notre conversation. La serveuse retourne à l’intérieur de la cafétéria. Autoritaire et froid, le serveur me fait face. Autour de nous, d’un geste du buste, le vieil homme se renfonce dans sa chaise, fermement, de réaction brutale, du vide de clientèle, du découragement de ces commerçants, je n’ai rien d’autre à espérer de la cantine de Démosthène. Je reprends la marche, en direction d’une autre échoppe. Un couple de quinquagénaire se retrouve à ma hauteur.

Thimothy Leary’s awaking

J’ai marché toute la journée sous le soleil d’Athènes. Il est déjà tard lorsque je gagne Syntagama. Les concerts sont achevés, sans réponse d’applaudissement, un orchestre où la part d’improvisation des solos laissera la place à l’étude des fréquences harmo-rythmique, un gros boulot en perspective. Ce soir à Syntagma, la culture antique ou tiers-mondiste, offre un souvenir très ironique aux touristes du G7 ; « Food culture ». Des stands, très moderne, offrent de la viande et du vin grec dans des gobelets transparents pyramidaux. Les cuisiniers rappèlent le standing des grands restaurants, le vin et la viande sont, originaux ! Seulement, ce second soir pour pouvoir profiter de cette soupe populaire, il fallut, faire la queue. Patienter en file indienne, sagement, pour me trouver ridicule devant l’étale vide lorsque notre tour d’être servi arriva, moi et mon vis-à-vis. Amertume franche et déception stomacale. Le sort s’acharne encore et toujours. La nuit était maintenant tombée sur Athènes. L’atmosphère rougeâtre du parlement dominant Syntagma souligne la blancheur de la place ornée de sa fontaine. D’ici, on ne voit pas l’Acropôle. En contrebas, l’avenue piétonne principale et la grisaille de ses pavés au pied des vitrines fermées. Au rythme des voitures, les piétons traversent en peloton, pour ensuite se disperser imperceptiblement.

Je décide de descendre Ermou, trouver un casse-croûte. Ayant franchi à peine cent mètre, je tombe sur un stand de noix sucrées et macarons caramélisés, de fruits confits gluants. Les vendeurs, deux moustachus très solides, ont disposés presque deux cent kilos d’opulentes sucreries en vracs sur une charrette à bras. Je choisi une barre de fruit confit vert pomme, fifty cents. Observant mon achat gastronomique en avançant pas à pas dans la rue, j’ai soudain la désagréable saveur de goûter un essai de créativité industrielle d’un pays où le mode de vie n’a rien d’occidental. Comme si des pays riches de l’essentiel, riche de la pureté des matières premières originales, s’essayaient à transformer, créer une copie balbutiante des produits industriels élaborés. Un travail de jeune industriel optimiste mal informé. Avec ma formation de qualiticien je tombe à point nommé. La barre est mangeable, flasque et bourrative. Constituée de sucre gélatineux, aucun risque d’intoxication, c’est nourrissant. Par contre, l’emballage est à revoir, le goût étrange. Un film plastique percé, mal soudé. Je déguste ce produit dans une contre-allée, baffré en guise de dîner, en compagnie d’une jeune femme grecque. Elle est petite, mignonne, tendance rockpop, à du caractère authentique, stone, peut-être faisait-elle le tapin ?

House of pain

Lorsque je me rapprochai de la place centrale d’Omonia pour enfin rejoindre mon hôtel, je traverse les passages piétons, pour atteindre l’esplanade sous le regard des Athéniens. Elle est sombre, peu éclairée par rapport à Syntagma. Pas de marbre, juste un béton gris, plus, un remarquable plancher. Une sculpture représentative, composée de cercles métalliques, encadrés par une structure du même métal à la teinte aluminium, orne l’air lourd et pollué de la ville. Postmoderne, elle semble n’intéresser personne par rapport à l’Acropolis. Avec les cercles, les roues, les câbles laissent en suspension plusieurs axes, trapèzes pendulés prêt à être utilisé par une troupe d’acrobates costumé autour d’un spectacle féerique futuriste. Dans le coté opposé à mon hôtel La Mirage, la sculpture conserve ses secrets, sa hauteur prude discrète. La place recèle une sorte de convergence, avec un long muret, truché de végétation arborescente, derrière laquelle se dissimule une toute autre vie. Seul ce long muret dispose l’hospitalité à des fumeurs de marijuana. Le passage vers eux ne semble pas facile, pas encore malfamé, l’ambiance rejette l’ordre établi. La marijuana, demeure élégante devant l’attitude des toxicos présents. La cocaïne et ses fortunes, l’héro et sa légende, l’ambiance est ancestrale. Pour un oui ou un non, j’ai l’impression que je pourrai me prendre un coup de couteau. Seulement, la drogue enveloppe l’énergie dans une mollesse nerveuse, reste le rêve, transformé en cauchemar. Je ressent une désinvolture envers la mort, envers la vie, face à la normalité, un immoral endroit ouvert au paranormal, à l’extraordinaire, le domaine des chamanes maîtres de paradis artificiel, d’où la vie, elle aussi, préserve sa grande justesse, sa justice. Il y a un manque, un flagrant déséquilibre. Je sais que ma présence gêne. Je ne sais pas si la prise de marijuana fait partie des expériences recommandée par les universités d’Oxford où Cambridge, mais personne sur ce muret ne semble détenir de diplôme prestigieux. Nonchalamment, ma démarche lente relaxe mon attitude. Je regarde pas vraiment le groupe, détache mes cheveux à peine mi-long, me fond parmi eux, il y a peut être une vingtaine de personnes, des joints tournent. Beaucoup d’hommes, des Grecques, orientaux. Je me souviens de l’antiquité, où la vie et la mort était une préoccupation similaire, autour des maladies incompréhensible. De l’attroupement, l’un d’eux hausse le ton, debout. Volubile, il gueule, bouscule un mec frêle, assis sur le muret, maigre, inoffensif, défoncé au canabis. Le grand le gifle, le frappe violement. Sans réaction. Un autre se joint au premier oppressant, le frappe au visage. Ecoeuré, j’ai envie d’intervenir, faire quelque chose. Ils sont deux sur ce pauvre type, assis, sans défense. Je me coupe dans un premier élan. Une nébuleuse appréhension pour ma salubrité m’immobilise, c’est le risque des bastons. La tension semble s’apaiser. Une histoire de poignon, c’est à peu près sûr. Le grand avec son pull rouge, ses cheveux court et son mètre quatre-vingt-cinq lui remet à nouveau une droite, dure. Son acolyte le calme, pour aussi profiter du martyre, le deuxième avec son sweat blanc prend le relai sur ce pauvre mec. Dans l’assistance, personne ne réagit. De nul part, j’entends une voie dans la foule très posément dire au sujet de la scène, et en Français :
- Ça... c’est non assistance à personne en danger.
Une femme matant la scène... sans aucun doute... C’est exactement ce que j’aurai pensé, sauf qu’il s’agit de passer à l’action. Je contourne les connards, passe du coté du junky, enjambe, monte sur le muret sur lequel la victime est assise, repousse le gaillard au sweat blanc sans ménagement, grâce à l’effet de hauteur et de surprise, je lui tient les bras, au biceps, les yeux dans les yeux, il est étonné, recule sans opposition ; Effet garanti. L’autre cogneur est saisi par d’autres hommes présents. J’attendais une ruade de sa part, nous nous séparons immédiatement. Ils ont vu que j’étais étranger. Un témoin me fait comprendre que l’histoire se règle sans touriste. Je recule, et oups, ratant une marche en arrière, voici l’adrénaline. Celle qui shoot instantanément, sans blesser, tétanise vraiment. Ils se sont calmés. J’ai pas fait grand chose, mais ils vont chercher à savoir envers moi, pourquoi ai-je agis, qui je suis. Rentrant à l’hôtel, je rétabli mon standing. Si je dois rendre des comptes, ils me retrouveront dès demain matin, je serai fixé. Peut être m’en veulent-ils, aussi, demain à la sortie de l’hôtel, aurai-je rencard avec un boxeur.

Name dropping through 25 centuries ?

Le plan de l’aéroport, l’un des trois plans de la ville disponible au touriste, glossaire d’un anonyme, appareil photo autour du cou, polo jaune pastel, tenant le plan sur lequel il est représenté. Au second plan, le Parthénon. Effet miroir, effet poupée russe, le contenant est le contenu, le signifiant est signifié, le présent historique, passé et futur. Je repense à l’actrice dans la vie de Jean-Paul Sartre, tous les ans, sur le parvis de l’Acropolis au mois de mai. C’est la saison la plus belle, les arbres sont en fleurs, coloration parfumée romantique d’illustres lieux. Je suis pile à l’heure au rencard, mais pour moi, la signification est plus limpide. J’ai juste rencard, avec moi-même. Essayer de me retrouver sur ce lieu multimillénaire, face au tréfonds de mon âme, de ma vie. Pour le reste, cela viendra ensuite. Vulgum pecus, le siècle couvrant la construction du Parthénon, apogée antique d’une période et une bande de mecs sympa, Périclès, Euripide, Sophocle, Phidias, Socrate, Ictinos ou Protagoras. Sans doute Achémène devait faire partie de l’entreprise, rencontré lors de navigation vers quelque emporium ottoman. Une sacrée équipe, au parallèle des contemporains, à mon intérêt je situerai plutôt Luc Lenoir, Romain de Marquis, Guerlain Chichery, Antonin Lieutaguy, Axel Pauporté, Serge Vitelli ou David Vincent. Sans doute Kamel ne devrait pas être oublié de la Dream Team, découvert dans une boutique de parfum Emporio. Une même génération de rider, quelques années de saisons de free ride. Une même génération, plusieurs centaines d’années de civilisation. Tout les deux, antique, acrobatique ne laisse qu’une furtive trace historique, éloignement d’un mode de vie, une trace succincte, prépondérante, relative. La transmission, l’héritage, l’acquisition de savoir reste presque impossible, complexe. La téléonomique du free-ride, de l’antique, jouxte l’exploit. Le courant de pensée, l’heure de la journée, l’outillage intellectuel sportif, pop-knowledge. Riders ? Des esplanades d’Athènes, Syntagma se ride. Internet inutile, ils sont là. Vision amusante, sur Syntagma, les skateurs et rollers se divisent l’espace de free ride. Un kid se sens déjà capable d’envoyer des marches par dizaines, il ne connait rien d’une pseudo méthode, safety dust où painless powder... Le groupe est soudés, il se fera mal, peut être abandonnera. Un skateur, réalise des flips parfaits, maîtrise et plaisir se rencontrent. Il n’est pas un vrai leader, semble distant, mais particulièrement attentionné à son évolution boardmatic, porte un jean noir et un tee-shirt vert Grass Hopper, sa planche à des roues usées, garde un vrai grip. Il me fait penser à moi, Square St Amour, il y a quelques temps déjà. A deux cent mètres en diagonale, les rollers ont un spot plus discret, un large muret en marbre offre une partie de slide à ravir les habitués de la wax. Un long trait noircit marque l’arrête du bloc. Je remarque un geste précis, sorte de flip-twist nécessaire, chez l’un d’eux, cette fois c’est le leader affirmé. La tribu est différente, le leader prend tout l’espace clairement, les autres sont en retrait. Ses patins confirment une sorte de hiérarchie, il est le seul à rouler. Sa démarche, marquée par un bond rapide, sur la position inline, des entrechats ? Un geste de décontraction... L’ayant remarqué, je lui ferai part, plus tard, d’une invitation à venir downliner sur ma Malate... Une route à voir d’ici quatre à cinq ans, avant que le goudron n’affronte l’érosion.

Macroéconomie’s grinded

Paumé, perdu, déboussolé, en sortant, je savais quelle direction je prenais, suivant mon sens de l’orientation, je me présentai à la porte du Luv-Club. Explorant le quartier, je ne me retrouvai pas sur le plan. Il fallut que je demande à deux jeunes femmes passant là à ce moment pour reprendre Ermu, après une conversation en désordre, autour de moi. Je n’ai pas terminé ma visite sur le site de l’Acropolis, je devrai retourner là-bas demain. Il est tout juste 21h00, la nuit tombe à peine, je vais sans doute aller boire un verre et rentrer à l’hôtel assez tôt. Je contourne la boutique de vente, pour me retrouver devant un état de fait ; ces boutiques sont presque des tôles en pleine ville. Des kiosques étranges où l’on trouve toute la bonne fortune de ce qui meuble la vie quotidienne, des bonbons, des boissons, des clopes, des journaux, quelques bibelots et des jouets bas de gamme.
Un homme, type caucasien, costaud, me salue poliment.
- Excuse me, have you a lighter ?
Il fait un mètre quatre-vingt-dix, porte une fine moustache, les cheveux gominé en arrière. Il dû m’accoster de cette manière, me rappelant à peu près...
- No, I am sorry, I don’t.
Son style est moderne, sa veste m’intrigue, elle est ample et chaude pour la saison, cache quelque chose de curieux.
- You don’t have a lighter, well...
Quelqu’un passe à proximité, il alpague la personne qui lui donne du feu, puis il se retourne vers moi.
- So you’re on vacation ?
- Yes, it’s a kind of holiday...
- You’re like the city ?
Je suis un peu intimidé par ce grand gaillard. Il doit avoir près de quarante cinq ans, peut être cinquante.
- yes...
- Don’t you need something ?
Il me questionne à la façon d’un tour-opérateur très professionnel, quand il lance ;
- Women ? You wan’t woman ?
Là, il m’emmerde un peu. Notion plurielle floue parce que j’ai pas besoin d’un maquereau pour comprendre que brancher des filles à la hussarde est le meilleur moyen pour avoir des emmerdes avec des gros costauds dans une langue étrangère, voire pire, attraper de l’herpes. Ce qui ne m’empêche pas de qualifier les filles que j’aperçois :
- Beautifull, exceptionnel women, there are fantastics, only...
Illico, il m’attrape par l’épaule et m’emmène sur un muret nous asseoirs. C’est pas très « friendly » ça ressemble presque à de la curiosité, je devrai me barrer, mais j’ai rien de prévu. Et là, le questionnaire commence ;
- You’re a tourist ?
- Yes.
- Since how long have you been there ?
- I arrived on monday, and I’ll leave saturday morning.
- You like ? Athens ?
- Yes, it’s a... lovely city...
Je repense à la chanson... Put your hands up for Detroit... a lovely city... Son accent de touriste dreadnaughty est un amusant contraste à son attitude patriarcale froide. Le feu rouge juste devant nous bloque la circulation à trois mètres à peine. Je ne suis pas trop à l’aise. Il le remarque.
- What’s you’re job in France ?
Je lui dis, que je bosse ; en famille, en équipe... tout le bla-bla... La culture, l’agriculture... sans convictions, il me demande encore, de répéter, lui expliquer, comme s’il n’était pas convaincu. Devant le grand hôtel de l’autre coté de l’avenue ; deux flammerole orne la grande entrée de l’hôtel de Grande-Bretagne. A la nuit tombante, l’effet est saisissant. Tout seul, j’ai l’air d’un con.
- You know, I’m in petroleum industry.
Il me donnera le nom de sa compagnie, mais avec un tel accent, je suis incapable de retrouver son nom. Une américaine, d’après ce qu’il m’a dit. Par contre, il insiste sérieusement sur la mienne.
- What is the company you’re working for ?
- The compagny ?
Il me prend au dépourvu. Je sais pas quoi lui dire, chômeur en anglais, n’a pas de sens puisque je rempli mes journées de culture et d’agriculture, de toute manière j’ai l’impression de retirer un seul vrai bénéfice de mon statut, l’espoir. A propos ;
- How do you win ?
- How do I win ?
Il s’énerve, je comprends pas très bien, pourquoi je devrai lui dire, c’est confidentiel. Il me parle de...
- Thousand euros per day ?
- Quoi ?
Le français revient à la charge, naturellement, je suis abasourdi, mais je dois avoir à faire à un émir en ballade. On ne possède pas les mêmes valeurs, du même monde.
- Thousand euros ? per month... My salary is actualy on this level... is it important ?
Il me snob. Une Ferrari passe devant nous, j’ai un peu l’air naze dans mes chaussures Gravis Kingpin en faux nubuck. Je m’accroche, lui réservant la gnaule.
- Eau de vie ? Do you kown « eau-de-vie » ?
Ça semble l’intéresser, et du même pas, je relève la tête devant le VRP de pompe à benzine. Il s’interroge ;
- « Eau-de-vie ? »
Je me redresse... énumère ;
- Cognac, Armagnac, fine champagne...
- Champagne ? Dom Pérignon ?
Une audi TT passe devant nous, j’ai un peu le chauvinisme d’un bénédictin de Sainte Menehould. Il a soif.
- Red wine ?
Il semble oublier que le vin français n’est pas seulement rouge, l’argumentaire de ventes se fera au bar.
Il se lève, m’invite à le suivre sans plus d’autres manières. J’obtempère, tant j’étais fatigué du mouvement régulier de la circulation, tant il est directif. La nuit est maintenant là. Il marche vite, semble ne plus vouloir me parler dans la rue, ni m’écouter. Je m’étale une fois, un peu de légèreté sur la couleur du vin, il s’en moque. Déjà nous sommes à trois blocs de Syntagma et j’atterris dans un endroit dénommé le « Love bar ».
L’endroit est petit, porte mal son nom. Le bar perpendiculaire à l’entrée fait face à des tables basses accueillantes de quatre places. Nous nous installons près d’un escalier en colimaçon, ouvrant sur les étages où nous n’irons pas. Il commande, red-wine. J’hésite pour la bière, je voudrais une sorte de panaché, ou une blonde légèrement alcoolisée. La banquette est inconfortable, mais il se met à l’aise et m’invite à me décontracter. Les filles derrières nous discutent, attirent mon attention, sans que je fasse l’impolitesse de quitter la compagnie de mon guide. Le service est rapide. On lui sert un ballon de vin rouge, et moi une Lager bouteille avec un verre givré. J’imaginerai plutôt un ballon de comptoir, 12.5 cl et une simple fermentation en demi. C’est pas grave, nous avons soif, enfin moi, oui. Après, ça devient plus soft dans l’enquête. Le Saoudien ne discute plus. Une fille splendide, métisse, cheveux bouclés naturellement longs, me regarde ;
- May I join you ?
Elle associe le geste à la parole, enfin, le temps de nous saluer, elle est sur ma banquette, et mon affréteur de supertanker envolé.
Le bambou de la banquette et mon désoeuvrement est sensible. Je vois le plan, c’est une chaudasse, elle va me pomper mon pognon. Patiente, elle commence par discuter.
- You’re on holiday here ?
- Yes, I was in the Acropolis, yesterday.
- Do you like ?
- Yes, but, I don’t feel totaly right on it, because of the city.
Je commence à lui décrire mon impression, l’élitisme de mon point de vue ne semble pas l’intéresser du tout. Je devrai lui coller une amende pour sévices sensuels.
- The Athinas Street, is an old one, and it seems to be seek of interest...
Avec l’alphabet Grec presque Cyrillique, la présence de kop dans la ville, et l’influence New-yorkaise, j’imagine qu’Athènes devait être au premier rang de la guerre froide à une époque que nos parents ont bien connus. Et moi avec cette fliquette aux mensurations ostentatoires, je crois bien que je vais devoir racker un max pour ne pas me faire vider. Et peut être même envoyer plus que de l’argent...
- So you visit the Acropolis?
- Yes, and it’s very strange to me, because...
Je cherche mes mots, mon anglais n’est pas très sentimental, elle se désintéresse. Trop compliqué, trop long de lui parler de mon olympe personnel, ma montagne conserve sa pudeur.
- Would you like to pay me a drink?
Son décolleté n’en fait pas une star, mais sa présence se compare bien à une présentatrice de MTV, niaise d’être bonnasse, distante de beauté, trop sûr d’elle. Je me fais tout petit dans ce que je dois appeler un bar à pute.
- Euh... An ouzo ? it’s the antic drink here ? Does antic people...
Elle se fout pas mal de l’antiquité... Je perds mon temps... Je lui explique en slam ;
- First I try to make the round of it, and I discover, it goes around... around, mosquée... church... sinagogue... restaurants... markets... cinémas... and the whole life in the city of Athens...
La belle se moque de mes impressions. Elle n’insiste pas, me salue et rejoint ses copines. Je suis rassuré sur la tournure salas que pouvait prendre l’embuscade autoritaire à laquelle je fit face. Maintenant, je suis presque tiré d’affaire. Si j’avais dû subir d’autres avances, j’aurai certainement flanché, bain oui quoi, avec des jambes pareilles... Alors ensuite je devine ; Violeur, proxénétisme, tourisme sexuel, etc., etc... Embarqué par la vraie police, dans un pays étranger, je suis loin de chez moi, alors, prudence.
Je rejoins mon acolyte alcoolique. Il a fini son verre. A ce moment, je souhaiterai faire preuve d’une hospitalité traditionnelle de pilier de comptoir pour lui remettre la tournée, mais il m’apprend que ma bière n’est pas payée. Alors, si chacun paye son verre, où allons-nous... Pas de deuxième rafale, pas de risque d’ivresse malvenue. Je paye, salue tout le monde, regarde l’heure sur la montre de ma copine métisse miss caraïbe, et je quitte le bastringue soulagé.

Is there a bar in Galapagos Island

Je suis arrivé devant l’entrée Est du parc, un square offre l’ombrage à quelques personnes ; des touristes américains. L’un d’eux, tient la parole, il conte quelque chose d’incertain. Mon allure gène son discours. A coté de moi, une jeune femme saisit des mots sur un bloc-notes. Les dalles larges gardent la fraîcheur d’une journée de printemps. Pour moi, c’est un soleil d’été qui illumine la journée. Je patiente là, de longue minutes, sous les arbres méditerranéens enracinés à la terre sableuse ocre. La civilisation Grecque, bien sûre, l’histoire se suffirait à elle-même, si les hommes ne faisaient pas preuve de superbes défauts. Mon premier est de dissiper mon optimisme hors de ma naïveté habituelle. Le prix d’une entrée sur le site de la millénaire Acropole m’attristera, pour successivement comprendre que j’ai juste besoin de rentrer à ma chambre d’hôtel avant de revenir avec le change nécessaire. Le prix dépasse les douze euros et j’avais juste six ou sept euros en poche. Accessoirement, c’est triste d’être con, j’ai envie de faire le mur, à l’ancienne cela doit être faisable. Ajouter à la longue tristesse promenée depuis déjà une longue démarche, je regrette, de la découvrir seul, cette construction païenne pré catholique. Ensuite, parce que je découvre une plante que je connais, par sa présence en France dans un petit coin ensoleillé où elle perpétue une vocation de travail, par l’éducation que j’ai reçue. Là, j’ai les boules. Je sais pas si c’est dû à la ville antique, mais franchement, l’émotion est puissante. Faire deux milles kilomètres pour me retrouver là ! Je flanche, m’assoie sur une bordure, dans une petite allée de verdure, sous mes pieds, le pavement est irrégulier. Je ne sais pas trop pourquoi je trimballe ce blues depuis si longtemps. Une femme, de soixante ans me remarque, s’approche de moi et essaye de tourmenter mon chagrin. Elle doit être grec, cela me touche et me calme. Consolé d’un voyage que j’imagine presque inutile, je me ressaisi ; donner une vraie tournure de vacances à cet escapade n’est pas volé. Cette femme, portant une robe à fleur légère semble connaître le Parthénon, mon attitude ne la surprend guère. Enfin, pour la peine, je me dis presque que passer en fraude, par le petit coin tranquille où le chemin se transforme, près de la Mercedes, faire le mur, entrer façon « expo 02 » serait un amusement efficace. En longeant le parc, soulagé de ces infortunes banales, les vestiges sont présents en permanence, tout comme des restaurants ornés de vignes et de lierres autour de leurs tonnelles carrées. Certains sont fermés depuis des années. Tout au pied de la citadelle olympienne, depuis la côte du métro de Monastiraki, un passage après une église catholique marque un rétrécissement : Metamorphosis Church. Des barreaux délimitent le parc antique, juste aux fondations des remparts. Ils se dressent au superflu d’irrégularité diamétrale. Une Mercedes 500 SL des années quatre vingt est garée contre la grille du parc. Couverte de poussière, sa présence colle parfaitement à l’esprit, « contemporain antique », coupé, V12 et taille basse, sa couleur rouge est ancienne, sa beauté conforme au neuf, une vraie étoile de Stuttgart. Dans le désordre, j’atteins un point de vue d’où je commence à dominer la ville. Ce n’est pas le sens habituel de la visite, contre toute attente, si je veux comprendre le site, autant essayer d’en faire le tour. Après tout, c’est grâce au bûcheronnage que je suis là, comme mon grand père me l’a appris. Là, arrive un homme, de l’âge de mon père, avec un chien en laisse. Sa moustache, son allure, l’endroit me confère à la quiétude. Nous nous parlons en anglais, je soupçonne une bonne connaissance Française. Réinvention spontanée de notre dialogue oublié, nous parlons d’antiquité au « présent perfect »:
- Does the Acropolis is really behind me, or in front of this high city ?
J’ai beau montrer l’immense ville devant moi, il reste l’aîné, dirige le débat, m’impressionne de courtoisie.
- You want to live antic moments, close the Parthénon ?
Le ton est emprunt de poids, il détache chaque mot distinctement.
- Then, follow this direction, that’s right on. All, all the visitors, are there.
Enfin une langue morte compréhensible. Ses pas l’emmènent lentement à la fraîcheur des Cyprès, et moi je cuis sous le soleil de 11 heures. Chose remarquable, le ville est gigantesque dans un bassin coupé par une chaîne d’abruptes collines ; Imitos au sud-est et un mont plus modeste au nord-ouest, Egaleo. Une colline très particulière se démarque la nuit, par son éclairage, elle me fait penser au Puy de Dôme, gauloise référence pour une visite gréco-romaine, point de vue défendable comme une tour de babel. Sur ma droite se tient le Panathinaikon, grand stade dédié aux jeux olympique du début du siècle, il fût construit bien plus tôt je suppose, sans plus de curiosité. De l’immense ville blanche à la chaleur savoureuse, je surgi de nul part. Arrivé underground, la ville s’ouvre, à livre ouvert, les âges mythologiques se mêlent à la réalité historique, la vie embarque sa mémoire mêlée d’histoire quotidienne.
Après quelques instants de béatitude, je décide de suivre le chemin d’où venait mon guide, non pas celui qu’il m’a indiqué. Une vision découvre là immédiatement un tableau appartenant à ma mère. Une perspective de maison blanche, donnant sur un escalier descendant vers la mer bleue des Cyclades où de crête. Les murs font un mètre cinquante, crépi grossièrement. Les marches elles aussi sont dessinées irrégulièrement, l’endroit dégage une profonde humanité, contraste garanti. J’arrive même chez quelqu’un. La casablanca est petite, fleurie et ménagée. Des gens, vivent ici. J’avance sur la pointe des pieds. Les tags aperçus auparavant indiquent que le passage est usité. Un Grec sort de chez lui. Je le salue, en Français. Il me répond amicalement, rassurant sur sa propriété privée. Après tout, le latinisme se satisfait d’une flexibilité d’esprit cordiale.

Mind the gap, please
Le pied droit en premier. Systématique. Après l’usure de nombreuses paires de chaussures, les muscles poplités du jarret fermement durcis, je ramasse mon pas sur l’irrégularité du sol, trébuche, les yeux dans un horizon commerçant populaire et pragmatique. Ce n’est pas la direction qui compte, mais la démarche, la garde nationale Grec à son allure particulière, pompon sur-chaussure, le rappel devant le Parlement est limpide. Tout comme la fulgurance du dépliage du plan, le premier pas est un temps à part. Pondérer, allonger de quelque centimètre le pas relève d’un effort de concentration intense. Le transport, son intérêt n’est plus lié qu’à sa manière. Mes nouvelles chaussettes sont une merveille de matériaux, aucune abrasion résiduelle. J’achète une cartouche d’eau en canette, une recharge d’aliment sandwich, cède trois euros cinquante. Des kiosques, je remarque les gants de chantier. Vendre des gants de travail au milieu des cartes postales, mini sculptures, cigarettes et barres chocolatées. Devant le chantier de fouille archéologique à ciel ouvert, presque offert à l’initiative, peut-être embauchent-ils des maçons Français ? J’ai déjà retroussé mes manches...
La filmographie des transports aériens aura peut être été à l’origine de bon nombre de fictions, il en est une qui par sa célébrité échappe au genre, et pourtant ne peut ignorer l’influence majeure de son scénario. Terminator, robot du futur, revient dans le présent pour tuer le héros qui le combattra dans quelques années, et même tout de suite puisqu’il est là. Pourquoi tant de haine ? Parce que le héros, Connor, pas Jim le tennisman, John Connors, vaincra. Toutefois, une pièce du robot futuriste, permettra la conception d’une génération de machines qui seront à l’origine du robot du futur. Pas de robot, pas de héros John Connors, pas de Terminator. Schématique principe de la poule et de l’oeuf. Voici l’aéronautique. Certes, c’est un mauvais exemple, les poules ne volent pas. Prenez exemple du jet-lag. Voyagez plus vite que le temps, de paix évidement. Vous êtes à l’origine du décrochement planétaire conduisant à l’idée de ce film. Terminator est-il un puissant médicament contre le jet-lag ? Peut être pas, en tout cas l’imiter en voyageant léger et toujours approprié.
Que s’est-il passé durant mon vol ? Le retour emporta une foule de passager, l’avion décolla complet. Dans le hall de l’aéroport, d’abord un vol pour Lyon était indiqué, puis un pour Paris. Les fausses impressions sont soumises à vérification, donc je ne prends pas la mesure de ces annonces, m’intéressant uniquement à ma procédure de « Boarding ». Le hall infuse une musique beaucoup trop audible, rythmant mes pas, ça a pour effet de me voir changer de démarche. Amer remerciement à l’harcèlement d’easy listening musical. Je rentre dans la file d’Olympic Airlines. Moi qui croyais rencontrer ma pornstar favorite, je tombe sur une « mamie » très élégante, souriante, qui me regarde arriver vers elle avec considérations.
- You are flying to Montréal ?
- This is an intercontinental flight ? ah ! euh, no...
Je poursuis, rectifie ;
- I am flying back to Paris.
Elle doit avoir près de soixante dix ans, arpente seule les aéroports, les yeux gorgés de lumière. Nous parlons un peu mais surtout l’émotion passe entre nous. Elle connait l’époque romanesque des vols de la panamérica. Je reconnais une personnalité séduisante malgré nos âges.
Je passe à un bureau d’accueil. Cette fois, fini les blagues. J’ai affaire à une brune divine, pour elle ce sera le podium concept car au salon de l’auto, loin des nouveaux moteurs diesel. Cheveux longs, taille respectable, personnel naviguant en uniforme, prête à décoller, show-behavior, prêt à l’embrasser. Elle m’indique la porte à suivre, qui est en réalité, une série de portes, malicieuse, elle ne se trompe pas. Elle me note sur un petit post-it les numéros à suivre. Son habitude à gérer la confusion dans les aéroports fatigue son allure. Ses yeux sont maquillés d’un bleu violet électrique tiré au eyeliner, goût tranchant sur sa peau torréfié et méditerranéenne. Son autorité fonctionne, son uniforme intransige, elle me signe le post-it d’un trait couvrant presque la largeur de la feuille ; caractère ferme. Les lettres, les chiffres sont mal écrit, mais lisible ; caractère efficace. Je me dis alors qu’elle doit toujours bosser dans les aéroports, dans les grandes villes, si jamais l’occasion de la voir s’intéresser à moi advenait, peut être, avec notre caractère rêveur lorsque nous serons en retraite, hyper chiromanciens...

There’s no goal indeed

Marcher près de vingt-cinq kilomètres en quatre jours, puis, attendre encore, debout, la porte d’embarquement va être terriblement longue à atteindre. Je suis très triste de remarquer que les voyageurs solos sont une espèce rare. Je fais le fier. Une espèce très rare. Enfin, c’est pas de voyager seul qui m’attriste, c’est surtout que certains moment de la vie sont destinés à être partagés. C’est un sentiment de séduction, envers moi, par les lieux que je visite, une notion d’appartenance. De mon image, je préfère garder le silence. Mon expression est une tenue, une attitude, la manière dont mes mains retombent lorsque je soulage mon sac à dos. La vitesse à laquelle je tourne la tête, marche, soupire et souligne mon regard. Tout le reste s’évanouit d’un sourire, quelques mots. La longue file d’attente regroupe presque deux cents personnes. Régulièrement, une hôtesse force la voie pour appeler des passagers, juchée sur un promontoire, elle n’utilise pas l’infrastructure sono disponible. Pendant que nous avançons, je pense à cette médaille, passe aux toilettes. Ce n’est pas du Victor Hugo, mais je compare volontier ce petit bijoux à un transfert curieux d’audace. Un braqueur légitime, chanceux découvreur de bijou perdu. Toilettes homme complet, je pars chez les femmes. Comme d’habitude, je soigne ma tenue, un peu plus précautionneusement que de routine, grâce à la fouille nécessitant l’embarquement, je place la médaille dans mon porte monnaie, en fraude en somme car il s’agit vraiment d’un bijou antique. Lorsque je ressors du chiotte, j’ai affaire à une « alien ». Une vedette de chez élite incapable de « hacker » les basses couches de la société prolétarienne. Le qualificatif est de taille, une femme blonde, mesurant ma taille, à la beauté universelle et invariablement première classe, semble vouloir m’engueuler. J’ai l’attitude normale, lave mes mains au lavabo. Elle ne sait pas extérioriser sa colère envers-moi, où alors, nous nous surprenons l’un l’autre. Si elle fait un rapport sur les propos que nous avons tenus, mon gentlemanisme franchouillard me ferait agir ainsi, lui signifiant d’un geste de ma main, dessinant la carrure de son épaule :
- Voyons, mademoiselle, ne vous mettez pas dans cet état. L’endroit reste très propre, même si il est réservé aux femmes.

Quand je repense à cette métisse du Love bar, avec le maquereau qui m’emmena jusqu’à ce trio de jeune femme réuni dans un cloître, je pense maintenant avoir manqué mon entrée dans le monde du film porno. Si j’avais été à l’aise, j’aurai certainement pensé à en séduire une, vu l’intérêt qu’elles portaient envers moi. Et puis, c’est souvent lorsque l’on cherche quelque chose, que l’on trouve une tout autre surprise. C’est cette distanciation qui m’a mis sur la voie, leur manière étrange de se tenir, sexy, sans volonté de séduction directe, comme des vieilles routières, pas vraiment des midinettes. Et moi qui sentais bien la frontière avec le monde de la normalité, évidemment, je suis un peu beau gosse, mais s’épanouir dans le porno n’est pas une chose aisée. Cela demande du sérieux, c’est sans doute pourquoi le vieux m’avait branché sur son harem de pouliches.

Fly like you do

Les choses sérieuses démarrent ensuite. Portique de sécurité, vide poche, fouille au corps. Sas d’attente, encore, embarquement pour ce bon vieil airbus du voyage aller. Il nous fait le retour, j’apprécie de retrouver un avion connu, pas encore au démantèlement. A peine dans l’avion, je me heurte contre une hôtesse.
- Auriez-vous... s’il vous plaît...
Un masque pour les yeux. Le mien est usé, je le porte les lendemains difficiles de night-club, pour le hang-over. Au moment ou je lui dis cela, elle à d’autre choses à faire, chaque passager prend sa place, cherchant une manière de fermer le coffre à bagages ou vérifiant l’assise. Ma demande n’a pas de sens. Je m’excuse et m’installe. Elle s’éclipse. Une seconde hôtesse arrive ;
- Would you like something ?
- Euh, well, not... really...
Sa manière de m’interroger dépasse les procédures de courtoisie d’Air France. J’ai l’impression qu’elle désire me faire l’amour vite fait, pour jouir. Je suis très curieux, mais dans un avion, après une nuit blanche, je pense plutôt à dormir. Je ne lui dis pas pour le masque ? Si, je lui explique ;
- In fact, I wanted a black-mask for my eyes, I’d like to sleep during the travel. But, I realise, it won’t be necessery, thank you.
Sa main quitte l’appui tête devant moi, elle se relève, quitte notre discrétion pour rejoindre la cabine. A cause de l’adolescent à ma gauche, je parviendrai à peine à fermer l’oeil durant le vol. Vol tout juste assez long pour prendre le temps d’un plateau petit-déjeuner. L’atterrissage se réalise sur des oeufs, tout en douceur. Félicitation au personnel naviguant. C’est amusant comme le monde est petit. Je retrouve dans ce transport une copine de lycée, un vieux fan de Blues Saraceno et, finalement, gratifie la première hôtesse qui m’accueilli dans l’aéronef de « première classe ».

It’s not the time

Pêle mêle, les fleurs des arbres rue Athinas, les oiseaux sur la falaise au chant tropical, tant de rappel à ma discothèque, Gilles Peterson, Future sound of jazz, Pink Floyd, Imagination, la crème solaire aux carottes avec son incompréhension d’emballage, jetée vendicatif sur un étalage de lunettes de soleil cheap. La soirée au théâtre antique du marché Romain, une nana qui interpelle à la sortie du parc, « Eh mister Jackson » alors que j’étais assis tranquille sur un banc de pierre à regarder le médaillon ! Les hommes aux membres amputés dans la rue, la femme de chambre m’initiant au grec sans que je ne comprenne rien, les chapelets dans les mains des soixantenaires lancé en boucle autour de l’index, l’émergence rassurante des locaux stylés de ma génération... Ce qui est bien avec des lecteurs portables de Digital Video Display, c’est que si on l’emmène aux chiottes, on peut enfin dire que le cinéma fait chier.

Feel what is real

Le Nazaréen pied nu, dans le quartier des faubourgs de la kro-police, mélange de restaurant, boutique de souvenir, hôtel particulier, baraque de chineur presque antiquaire, maisons aux entrées condamnées, abandonnées des vestiges ouverts au monde. Une rue de terrasses restauratives cernée entre une voie ferrée et un terrain vague, un restaurant grec à l’abri des modes commerciales, délavé par le soleil. Le Luv Club et les filles m’orientant après mon déboussolage, mon ignorance envers cet endroit, ce séjour spontané dénué de précision... Puis le petit skate shop rue Ermou, avec ensuite la boutique rouge de graphisme... le gars en moto présentant les rochers à son passager, les lumières de la colline, la teuf des français indiqué par un local où je trouve seulement des putes Ivoiriennes. Building on or off ? ? Expression d’ignorance d’un étudiant en Grec en première semaine... Les nanas dans le Parthénon... L’abandon du médiator, puis sa récupération après avoir hésité... L’extinction de l’acropo, la digitaline, la barrette à cheveux et l’ouverture du building dans le quartier de Plaka, Et ce canal musical Mad ? Une invite pour un nightclubbing mondialement connu à Lausanne ?

Buy water
Drink a few
Splash your view
Bottled the trasher
Leave the label on the way
Run

Et cette réplique de l’Aphrodite de Cnide, sculptée par Praxitèle n’est encore qu’une autre silhouette éphémère, curieuse et désirable comme une déesse surgie de nul part. Sa robe beige unie, ses galbes généreux et sportifs sont tellement délicats que je mate ses courbes avec des remords. Comme cette schizophrénie géniale qui me conduit à penser d’une manière audacieuse, je redoute la triste vérité de mon existence. Rien à foutre chez moi, pas de travail officiel. C’est la merde en somme, je suis légalement chômeur. Et donc cette énergie qui m’habite ne sert-elle qu’à branler une verge d’insouciant ? Bien entendu, la parano est aussi savoureuse, très à l’aise avec un emploi du temps de gladiateur, je passe beaucoup de temps à utiliser ma free-board. Le verdict

Avatar de l’utilisateur
moachris
Mini Rider
Mini Rider
Messages : 99
Enregistré le : 09 mai 2009 à 11:44:22

Messagepar moachris » 15 juil. 2011 à 01:53:18

j'ai lu des trucs incroyables, étranges, interlopes, insupportables... mais là ???????

:o :o :o :o :o :o

Avatar de l’utilisateur
freedownhill
Rider actif
Rider actif
Messages : 168
Enregistré le : 04 avr. 2004 à 00:00:00
Localisation : Roulans

Messagepar freedownhill » 16 juil. 2011 à 10:00:51

c'est pas mon global freeride, plutôt un passage du docteur Freestyle, sans son assistante.

Avatar de l’utilisateur
freedownhill
Rider actif
Rider actif
Messages : 168
Enregistré le : 04 avr. 2004 à 00:00:00
Localisation : Roulans

Messagepar freedownhill » 19 juil. 2011 à 12:09:09

et ben je vois que cela suscite un vif émoi dans le virtuel crew tout cela...

Certes, c'est un passage à Athène, mais il y a aussi des séjours à la neige où à l'océan...

Avatar de l’utilisateur
=WAVE= (Moncompteamerdé)
Grand rider
Grand rider
Messages : 1205
Enregistré le : 19 juil. 2006 à 18:46:21
Localisation : Casablanca - Maroc
Contact :

Messagepar =WAVE= (Moncompteamerdé) » 19 juil. 2011 à 13:00:12

Comme dit en MP, j'suis fan !! :tchin:
=WAVE= team CHAOSTRIBE / KRAKEN LongBoard / Riders En Bray
MRC / XERCCP : Xabi Eternel Rider Chauve CHasseur de Poulpe
Forum Chaostribe

Avatar de l’utilisateur
freedownhill
Rider actif
Rider actif
Messages : 168
Enregistré le : 04 avr. 2004 à 00:00:00
Localisation : Roulans

Messagepar freedownhill » 19 juil. 2011 à 17:14:26

freedownhill a écrit :et ben je vois que cela suscite un vif émoi dans le virtuel crew tout cela...

Certes, c'est un passage à Athène, mais il y a aussi des séjours à la neige où à l'océan...


d'autres réactions ? bon, je vous laisse un peu de temps pour digérer tout ça...

Avatar de l’utilisateur
freedownhill
Rider actif
Rider actif
Messages : 168
Enregistré le : 04 avr. 2004 à 00:00:00
Localisation : Roulans

Messagepar freedownhill » 22 juil. 2011 à 10:37:41

HHHHeeeeeéééé !

On se motive messieurs ! s'il vous plait, chacun post son petit avis, allez, on se lâche !

:D

Avatar de l’utilisateur
Beurt
Grand rider
Grand rider
Messages : 1373
Enregistré le : 26 mai 2003 à 00:00:00
Localisation : Paris 14
Contact :

Messagepar Beurt » 22 juil. 2011 à 13:01:46

Bon, je me retenais un peu pour pas être méchant, mais puisque tu insistes...
C'est vraiment indigeste.
Le faux lyrisme à base de vocabulaire "choisi" ou obscur j'adhère pas une seconde, c'est pédant jusqu'à l'insupportable et surtout ça ne colle pas avec la banalité des scènes décrites.
La téléonomique du free-ride
:roll: Sans déconner?
La suite d'adjectifs sans fin n'aide pas non plus; la simplicité dans les descriptions les rendraient peut-être un peu plus lisibles... Le style est haché, sans cohésion, pas fluide une seconde et donc désagréable.
Du coup, je ne sais pas si tu fumes de l'herbe toi même, mais une chose est sûre, ton diplôme de lettres ne vient pas de Cambridge.
Bon courage pour publier ça ou quoi que ce soit d'autre dans la même veine. Merci pour l'effort quand même et le courage de le poster ici.
Et désolé si ma franchise te choque, vraiment, c'est pas bon et j'espère te rendre un service en te le disant.
"C'est lorsqu'on est environné de tous les dangers qu'il n'en faut redouter aucun." Sun Tzu (l'art de la guerre) Mais bon... Mets un casque quand même!

www.overlord-skateboards.com

Avatar de l’utilisateur
freedownhill
Rider actif
Rider actif
Messages : 168
Enregistré le : 04 avr. 2004 à 00:00:00
Localisation : Roulans

Messagepar freedownhill » 22 juil. 2011 à 23:24:24

Certes, ça peut paraître lourd, mais un texte imparfait reste vulnérable. Ce qui, en matière de free ride, demeure un gage de simplicité.

J'aime être au taquet de mes possibilités, mais je ne suis pas parfait.
c'est pour ça que tu trouve le texte bancale, maybe.

de nos jours, on oublie parfois le doute. Ici il est présent.


Bon, au suivant messieurs, taillez moi du kostarrd !!!! c'est la kermesse.....

Avatar de l’utilisateur
freedownhill
Rider actif
Rider actif
Messages : 168
Enregistré le : 04 avr. 2004 à 00:00:00
Localisation : Roulans

Messagepar freedownhill » 24 juil. 2011 à 14:19:45

freedownhill a écrit :Certes, ça peut paraître lourd, mais un texte imparfait reste vulnérable. Ce qui, en matière de free ride, demeure un gage de simplicité.

J'aime être au taquet de mes possibilités, mais je ne suis pas parfait.
c'est pour ça que tu trouve le texte bancale, maybe.

de nos jours, on oublie parfois le doute. Ici il est présent.


Bon, au suivant
freedownhill a écrit : messieurs, taillez moi du kostarrd !!!!
c'est la kermesse.....

Avatar de l’utilisateur
freedownhill
Rider actif
Rider actif
Messages : 168
Enregistré le : 04 avr. 2004 à 00:00:00
Localisation : Roulans

Messagepar freedownhill » 30 juil. 2011 à 00:19:42

et ben ? personne ?

Bon allez, envoyer du lourd, les gars... Je vous dis Global Freeride, vous me dites...

Avatar de l’utilisateur
Ricoré
Troll
Messages : 3144
Enregistré le : 28 juil. 2004 à 00:00:00
Localisation : Déclaré D'utilité Publique ; souvent compacté au fond du 3 (avec un vrai casque!)et je t emerde! :)
Contact :

Messagepar Ricoré » 30 juil. 2011 à 04:30:34

Image Un bonne soupe sans trops de points : imbuvable ! ! ! :playboy: Image

Avatar de l’utilisateur
hang-ten
Dream Team Riderz
Messages : 8345
Enregistré le : 02 juil. 2004 à 00:00:00
Localisation : BHM
Contact :

Messagepar hang-ten » 30 juil. 2011 à 11:05:30

Ça c'est pas freeride.....
On dirait que tu écris pour faire genre... Comme si tu voulais te donner un style...

Retourner vers « Culture »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 2 invités